Je suis ce "débat" parfois intéressant et parfois distrayant depuis le début, sans intervenir car je n'ai aucun chiffre à donner, et les chiffres sont au coeur de l'affaire puisqu'il ne s'agit pas d'un débat philosophique mais d'un problème d'écologie, de société, de technologie, de finance, et que sais-je encore... pour lequel on doit tenter de prouver ce qu'on avance.
Hélas, comme lorsqu'on suit un débat politique dont les acteurs sont des hommes et des femmes politiques, on a du mal à se faire une idée. Les chiffres avancés par les uns sont réfutés par les autres, on cite des études et des contre-études en ne mettant en avant que les éléments qui vont dans le sens de ses idées. Les études même ne sont pas forcément objectives puisqu'elles peuvent être orientées par des idées partisanes ou de l'argent ou d'autres intérêts, donc, même si on va à la pêche pour les lire, elles sont difficiles à décrypter si l'on ne possède pas ces éléments. Ensuite la nature humaine fait son oeuvre et sème par ci par là des soupçons de mauvaise foi, de diabolisation des propos, d'attaques personnelles, etc... Ce qui ne permet pas, à défaut de connaître les intervenants personnellement, de se faire une meilleure idée de l'honnêteté des thèses soutenues.
La question posée de "l'utilité du VE à la campagne" ne veut pas dire grand chose. C'est un peu comme demander : "est-ce que les légumes ça a bon goût ?"
En fait il s'agissait de savoir si :
- on aide les VE par financement public, pour une question d'environnement ou pour une question de santé publique (l'un n'empêche pas l'autre mais qu'elle est la priorité, s'il y en a une ?) (Pas l'avis de chacun mais est-ce que l'Etat a un objectif défini...)
- est-ce que tous les VE ont le même effet bénéfique par rapport aux VT, selon leur zone de circulation habituelle ? Il ne s'agit pas de savoir si les VE c'est bien pour la planète et la santé humaine, la réponse est oui, mais de déterminer si plutôt que le simple critère "VE" un type de VE ou un type d'usage de VE ne méritait pas une incitation plus forte que d'autres. Aller plus loin, en quelque sorte, afin d'éviter de reproduire, si possible, les dérives du VT. Par exemple, diriger la demande vers des véhicules moins lourds, moins gros inutilement, plus efficients, moins puissants, faire émerger une vraie offre auto 2 places donc moins gourmande en énergie... Car il ne faut pas compter sur les constructeurs. Ils sont venus au VE à reculons, ils vont se contenter d'une évolution a minima en mettant un moteur électrique dans nos voitures habituelles. C'est mieux que de garder les VT mais on pourrait faire tellement mieux. Seulement les marchands ne veulent que changer les goûts des clients, pas leurs habitudes car c'est beaucoup plus risqué. Changer les goûts ça veut dire vendre à nouveau quelque chose de presque pareil. Changer les habitudes c'est prendre le risque de ne pas être suivi et donc de ne pas vendre. Les pouvoirs publics peuvent inciter les constructeurs à changer par les réglements et les gens par le porte-monnaie. Mais les fonds publics ne sont pas inépuisables, quand bien même on prend l'argent en dehors du budget de l'état (bonus/malus) il y a un degré d'acceptabilité à l'impôt (en plus, il me semble que l'objectif ne peut pas être de vendre le plus possible de VT polluants pour avoir de l'argent à donner aux acheteurs de VE, l'objectif c'est de dissuader de tels achats donc de tarir la caisse du bonus/malus). Donc il semble plutôt judicieux d'étudier la meilleure façon de faire évoluer l'automobile vers un modèle moins polluant, moins gourmand en ressources, en ciblant des actions plutôt qu'en distribuant sans discernement.
Je crois que j'ai trop réfléchi, j'en ai la tête qui tourne alors je vais arrêter là... et mettre ma cervelle de 64 KNcm3 (milliers de neurones au centimètre cube) en charge à l'aide d'un bon Côtes de Rhône. Dès la deuxième heure de charge (en charge lente, bien sûr, pour les bons crus) on dispose d'une puissance de raisonnement à faire pâlir d'envie un intellectuel ascète.
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