La question n'est peut-être pas simple, mais il y a quand même des aspects assez simples. Il est par exemple très courant d'entendre parler de cette "perte de revenus" mais très rare d'avoir des chiffres concrets (i.e. combien on perd exactement et quand ? ). Et quand il y en a, on ne regrette plus de ne pas avoir fait une grande école... Ainsi, le chiffre émanant du Tésor public est entre 7 à 10 G€ en 2030. Etant donné que la France ne peut remplacer plus que 4 % de son parc automobile par an, on sera donc à 16 % maximum en 2030. Bien évidement ce chiffre est totalement irréaliste (étant donnée que la Norvège vient seulement de passer 30 %) mais admettons. Si alors 20 % de voitures (seulement des voitures particulières, pas les camionnettes, locomotives, poids lourds, tracteurs) ne paient plus aucune taxe (on verra plus loin) comment est il possible que les revenus de l'état diminuent de 30 à 50 % (le "gain net" de l'état sur l'accise sur les carburants est de l'ordre de 25 G€) ? Et c'est seulement le début des interrogations Le kWh thermique est effectivement au même prix qu'électrique mais c'est pour électricité domestique. En chargeant à l'extérieur (soit en voyage soit sans solution de recharge à domicile) c'est plus cher, même en France cela peut doubler (0,40 €/kWh n'est pas rare), bien que l'accise reste la même (elle vaut le double pour l'essence), on double la TVA et on se retrouve donc facilement au même niveau de taxe. De plus, pour profiter de l'électricité domestique on va installer de l'équipement qui sera soumis à la TVA aussi, sans parler de l'augmentation de l'abonnement souvent nécessaire. A mon avis les recettes fiscales par kWh seront finalement similaires. De plus, environ 20% dans l'accise correspondent aux nuisances des carburants fossiles ("taxe carbone" et "CEE") - il n'y a aucune logique de "compenser" cette partie punitive après la disparition des nuisances) de la même manière qu'on n'entend pas parler d'une taxe visant à compenser la baisse du nombre de fumeurs... Surtout que, au fur et à mesure les incitations financières à l'achat des VE vont logiquement disparaitre (alors que en ce moment leur cout augmente avec le nombre de véhicules vendus). Reste bien évidement la question de la consommation et là bien évidement il y a une diminution. Mais il n'est pas sur que l'état cherchera à compenser déjà parce que il punirait les gens pour ce qu'il encourage activement ("énergie est notre avenir, économisons là :) et aussi parce que, à mon avis, contrairement à la croyance populaire, la France n'est pas si championne dans la taxation globale des particuliers. Par exemple on a rien fait pour compenser la chute des revenus de la taxe sur le gaz qui a du nécessairement résulter de l'installation des pompes à chaleur (en revanche le tarif de gaz a bien été augmenté pour cette raison). Il reste aussi que la valeur ajouté des acteurs du secteur de carburants est au moins discutable et ce sans même parler de cout de l'importation des produits pétroliers - le "champion national" admet lui même de "payer les impôts dans les pays où il réalise les bénéfices" (si quelqu'un avait des doutes, la France ne fait partie de ces pays). En même temps la production et distribution de l'électricité en France est un quasi-monopole de l'état et de plus EDF a payé 3,5 G€ d'impôt sur les sociétés en 2025 (soit 10 % de l'accise brute pour avoir un répere). Encore une fois, pour parler de "plusieurs dizaines de milliards" il faudra beaucoup de temps, probablement plus que ce que me reste à vivre. Sauf bien évidement une augmentation drastique des impôts sur le carburant mais j'aimerai bien voir le courageux qui va le faire. Sans doute, en commençant pour le simple fait qu'un VE est plus plus cher, plus gros et plus lourd que le VT qu'il remplace. Les études montrent aussi que les VE roulent en moyenne plus que les VT (à voir si la tendance se maintient en augmentant le pourcentage). Il contribue ainsi à augmenter toutes les taxes proportionnelles (sur le prix de vente, sur l'assurance, sur le prix des pièces, les péages etc.). Pour que les revenus des carburant disparaissent, il est nécessaire que la majorité du parc roulant soit remplacée. Ce n'est pas possible si les "classes populaires" ne sont pas impliqués. A mon avis il y a donc pas lieu de "compenser" quoi que ce soit. Si l'état décidera de taxer les VE d'une manière ou autre c'est parce qu'il a besoin de l'argent c'est tout - donc discuter si c'est vignette ou au kilomètre et combien ou autre est complètement ridicule car sans rapport. Il serait bien aussi d'arrêter de parler de Royaume Uni - un pays pétrolier, importateur net d'électricité (3 G€ par an) et surtout avec une taxation directe des véhicules personnels déjà existante (et qui plus est, avantage les VE).