Et dans Le Monde il y a quelques instants :
Le Monde aujourd'hui à 18h05
La chloroquine est une molécule avec laquelle sont conçus des traitements préventifs et curatifs contre le paludisme, tels que la Nivaquine, commercialisée par le laboratoire Sanofi. Ce médicament à l’emploi thérapeutique limité est de moins en moins produit.
Un de ses dérivés, l’hydroxychloroquine (commercialisée sous le nom de Plaquenil), est utilisé contre certaines maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus.
Il s’agit de deux médicaments distincts, mais dont la molécule est proche. Le deuxième semble privilégié lors des essais sur des patients, car il risque de créer moins d’effets secondaires graves. La confusion est amplifiée par le fait que les médias utilisent parfois le terme « chloroquine » pour parler de son dérivé, l’hydroxychloroquine.
Dès le début des tests sur cette molécule, de nombreux observateurs mettaient en garde sur les risques. L’hydroxychloroquine, qui est commercialisée sous le nom de Plaquenil, présente des risques d’effets secondaires fréquents, comme une perte partielle de l’acuité visuelle, des maux de tête et des troubles digestifs, selon la base de données gouvernementale des médicaments. Plus rarement, elle peut occasionner des hépatites fulminantes, des décollements généralisés de la peau ou encore des insuffisances cardiaques pouvant entraîner la mort.
Et un arrêté publié le 13 janvier dans le Journal officiel a, en effet, modifié la liste des substances vénéneuses (des substances aux principes actifs dangereux pour la santé). L’hydroxychloroquine est désormais « classée sur la liste II des substances vénéneuses ». Depuis cet arrêté, la molécule n’est donc plus disponible à la vente libre. Il faut désormais une ordonnance. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait été saisie pour un avis sur le sujet en octobre 2019, soit deux mois avant l’apparition du nouveau coronavirus en Chine. L’Anses avait donné son feu vert le 12 novembre.
Le Monde aujourd'hui à 17h45
L'Agence européenne des médicaments met en garde sur la chloroquine
L'antipaludéen chloroquine et l'un de ses dérivés, promus notamment par Donald Trump et par le controversé professeur Didier Raoult comme remèdes au Covid-19, ont des effets secondaires graves, a averti, cet après-midi, l'Agence européenne des médicaments (EMA).
Les effets bénéfiques de la choloroquine et de l'hydroxychloroquine n'ont "pas encore été démontrés", indique l'EMA, basée à Amsterdam (Pays-Bas). Et de poursuivre :
De récentes études ont fait état de problèmes graves, et dans certains cas fatals, de rythme cardiaque avec la choloroquine et l'hydroxychloroquine, notamment prises à forte dose ou en combinaison avec l'antibiotique azithromycine.
Ces traitements sont également susceptibles de causer des problèmes de foie et de reins, d'endommager des cellules nerveuses, pouvant provoquer des convulsions et une hypoglycémie, met en garde l'agence.
Selon l'EMA, les données issues d'études cliniques de ces traitements sont "encore très limitées et peu concluantes et les effets bénéfiques de ces médicaments sur la maladie Covid-19 n'ont pas été démontrés".
En France, le professeur Didier Raoult, patron d'un centre de traitement et de recherche médicale de renommée mondiale à Marseille, promeut un traitement du Covid-19 utilisant l'association hydroxychloroquine-azithromycine. Mais ses études, montrant, selon lui, l'efficacité de ce traitement, sont très critiquées au sein du corps médical en raison de leur méthodologie.
Aux Etats-Unis, les résultats publiés mardi de la plus vaste étude à ce jour, financée par le gouvernement américain, n'ont montré aucun bénéfice de l'hydroxychloroquine contre la maladie due au nouveau coronavirus par rapport à un traitement standard. Elle a fait au contraire apparaître une surmortalité avec l'usage de l'hydroxychloroquine, seule ou associée à l'azithromycine.