Il est beau ce bateau
Il est techniquement très facile de passer les bateaux au GNL déjà, tu divises l'impact carbone par 2, et tu supprimes le gros problème de santé publique posé par les émanations diaboliques de ces engins au mazout.
Mais rien que ça, ça semblerait être trop d'ambition pour les compagnies et les gouvernements Ça avance, mais tout douceeemeeeent. Quelques porte-conteneurs au GNL naviguent, mais c'est très minoritaire faute d'intérêt économique. Le mazout n'est tout simplement pas assez cher.
Pour la suite, je vois pas de souci technique majeur pour tout passer au dihygrodène électrolysé par de l'électricité renouvelable. Ça demande un investissement gigantesque, mais on sait déjà le faire. Y compris pour les avions de ligne, les réacteurs modernes pourraient être passés au H2 moyennant quelques transformations. Il y a déjà eu des prototypes, même si ces derniers se basent sur des nouveaux design et pas sur la conversion d'avions existants. À ce titre, on sera d'accord que leur mise sur le marché reste utopique.
Alors c'est sûr que ce serait beucoup plus cher, on oublie le Paris-Tokyo à 1000€ : il faudrait fortement réduire le nombre de places dans les avions (et les bateaux dans une moindre mesure) pour cause de taille du réservoir. Mais ça ne pose pas qu'un problème de volume, et non de masse, la densité énergétique massique du H2 est en effet très supérieure à celle du kérozène (c'est pour ça que c'est un carburant largement utilisé pour les lanceurs spatiaux) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Densité_d'énergie#/media/File:Energy_density-fr.svg
Et pour les avions court-courriers, qui représentent une bonne partie du marché (Paris-Londres, Paris-Amsterdam, Francfort-Milan, etc.), on peut tout à fait les propulser avec des moteurs électriques et des batteries au lithium avec les technologies actuelles. Easy-jet fait de la com' sur un tel projet. Pareil, ça serait beaucoup plus cher sur le prix du billet.
Il reste le problème des nombreux matériaux issus du pétrole (composites, bitume, fibres textiles, etc.), mais dans la mesure ou on peut en recyler une bonne partie, c'est quand même un problème moins grave que celui du carburant.
Bref, c'est avant tout une affaire de volonté, et surtout de fiscalité. Si le mazout était taxé à hauteur de son impact écologique et de santé publique, on aurait déjà des bateaux au GNL voire au H2 depuis plusieurs décennies. Je suis à ce titre dégoûté par le mouvement des gilets jaunes, qui a cassé le frémissement de mise en marche de la fiscalité écologique qu'on pouvait observer.
Pour développer ce sujet, trop facile de dire que "cet argent n'est pas réinvesti dans l'écologie". On s'en fout. Un des plus gros problème de la transition écologique, si ce n'est le plus gros, c'est que les carburants fossiles ne sont pas assez chers par rapport à leur impact. Que l'argent aille dans le budget du gouvernement, c'est pas grave, ce sera déjà un progrès immense que de taxer vraiment l'affreux liquide carboné qui cause le cancer du monde.
Chiffre amusant en conclusion, le prix de l'essence, ajusté à l'inflation, est moins cher aujourd'hui qu'en 1970, avant les chocs pétroliers. Il est même deux fois moins cher aujourd'hui par rapport au salaire minimum. Si on prend en compte la diminution de la consommation des voitures, la facture de carburant, à distance égale, est encore plus faible aujourd'hui par rapport à 1970.