Retour d’expérience de notre premier grand trajet, à l’occasion de nos vacances de l’année, sur le trajet Dunkerque-Annecy :
Annecy et son lac, ses montagnes et … ses pistes cyclables. Il n’en fallait pas plus pour que, à l’occasion de notre premier grand trajet à bord de Rapido (SR+ mise en circulation le 22 février dernier), on l’équipe de notre porte-vélos d’attelage (Thulé Euroway), sur lequel on installe 3 vélos (1 VAE Elops, 1 VTT 29’’ et un VTC 26’’).
La veille du départ, un petit tour sur le forum et je récupère une info : un forumeur affirme avoir vu sa consommation augmenter de 25% avec son porte-vélos (2 vélos), un autre a relevé une surconso de 40% avec une remorque (1 moto). Je pars donc avec l’idée d’une surconso de 25 à 30% (due au 3ème vélo). Dans la voiture : 2 adultes et 1 ado, quelques valises. Pas de surcharge outre mesure.
Départ le lundi matin (on évite ainsi les bouchons, tant sur la route qu’aux SUC), pour un trajet Dunkerque-Annecy (820 km, 100% d’autoroute). Je me dis que le GPS devrait gérer la conso, et par là même, les arrêts aux SUC. Je désactive le mode « remorque » (un porte-vélos n’en est pas vraiment une) afin de profiter de la fonction AutoPilot (ce serait dommage de s’en priver, sur un aussi long trajet). Le GPS me propose un premier arrêt à Lesquin (70km, petit clin d’œil au tout nouveau SC, à 2/3 km du SUC) puis à Reims (env.200 km). Mais à peine 80 km après Lesquin, première alerte (message en jaune) du GPS : « diminuez votre vitesse à 120 km/h pour atteindre votre destination ». Puis, peu de temps après, « … 115km/h » … puis « 110 km/h » ! Je relève alors la conso sur la console : 285 Wh/km !!!!!!! Rien à voir avec les 240 ou 250 que j’attendais, encore moins avec les 190-200 relevés habituellement à 130 km/h.
Premier grand trajet, première angoisse : va t’on vers la panne sèche ? comment va t’on s’en sortir ? Gloups !!! Je me maudis alors d’avoir ricané de mes collègues et amis qui, lorsque je leur évoquais mon achat d’une VE, me renvoyaient direct un « Et l’autonomie ? c’est combien ? » . Ce que je n’ai (toujours) pas compris, c’est que le GPS, analysant une autonomie devenant de plus en plus insuffisante, ne m’a JAMAIS proposé le SUC plus proche (Saint-Quentin, à mi-chemin entre Lesquin et Reims), qui m’aurait permis de recharger en toute sérénité et de poursuivre mon chemin … sans mouiller la chemise !
Rassurez-vous : ma fille a assuré son rôle de copilote en me trouvant ce SUC bien avant la panne.
Après 2/3 arrêts, je réalise que, pour que le GPS tienne compte de la surconsommation, il suffit d’activer le mode remorque. Le trajet estimé par le GPS, et surtout les arrêts aux SUC, sont beaucoup plus réalistes : nous poursuivons alors notre chemin, en visitant du coup, bon nombre de SUC (7 sur un parcours de 820 km). Seul inconvénient : le mode remorque empêche l’utilisation de l’AutoPilot. Dommage car il n’y a pas, à proprement parler, d’attelage qui pourrait modifier la réaction des masses de la voiture … quoi que ?
Mais ça y est, on est arrivé sans avoir à pédaler …
Une douzaine de jours plus tard (un vendredi, toujours pour éviter les bouchons), retour vers Dunkerque : nous avons alors opté pour une autre stratégie : rouler à environ 110-115km/h, ce qui donne l’impression de se traîner et de rallonger la durée du voyage. Mais il n’en est rien : on a constaté que les temps de recharges, plus courts car on a moins consommé, compensent le temps passé en plus sur la route. La preuve : nous avons côtoyé, sur 3 SUC successifs, la même TM3 Performance, dont le « pilote » semblait avoir le pied bien lourd (au point de fracasser son spoiler avant sur le dos d’âne situé à quelques mètres des bornes du SUC, sur une aire d’autoroute grouillant de bambins aux jambes fourmillantes). Lui ne roulait sûrement pas à 110km/h, mais, au final, il n’avançait pas plus vite que nous, au vu du temps qu’il passait au SUC.
Au final (dommage, je n’ai pas noté les temps de route et de charge), nous avons passé 13h à l’aller, et 12h au retour (même trajet, sans bouchons). Rien de sert de courir, …
Quelques remarques ou étonnements :
1- Je n’ai toujours pas compris que, alors que la conso était bien supérieure à celle habituellement relevée, le GPS était incapable de proposer une actualisation avec une recharge à un SUC proche (sur le trajet), alors même qu’il indiquait qu’il devenait impossible d’atteindre celui qu’il avait initialement programmé (devenu hors de portée).
2- J’ai constaté une surconsommation de l’ordre de 50% à 130 km/h avec l’attelage porte-vélos et ses 3 vélos. L’autonomie de la SR+ descend alors sous la barre des 200 km (50 kW.h / 28,5 kW.h/100km = 175 km). Cette surconsommation devient bien inférieure à 115km/h (ou même à 120km/h).
3- J’ai été surpris par le nombre important de SUC, en moyenne 1 tous les 100km, je pense. De quoi rassurer tous les angoissés de la panne sèche. Et je ne parle même pas des autres chargeurs disponibles entre deux SUC !
4- Le trajet Dunkerque – Annecy prévu par le GPS n’est pas le même avec ou sans le mode « remorque » (dû justement à la distance entre SUC qui peut devenir supérieure à 150 km sur certaines étapes ? ). L’un passe par Paris (beurk !), l’autre par Reims (je préfère largement !).
5- Ouf ! j’ai toujours réussi à me brancher aux SUC sans avoir à démonter le porte-vélos (en commençant par les vélos, un par un, comptez bien 15 minutes, autant pour le remonter … ). Même à ceux où le panneau entre 2 bornes est aligné sur celles-ci (certains sont plus reculés). Notez que cela n’est pas possible avec une remorque, sauf à se garer perpendiculairement, ce qui nécessite d’occuper 3 places !
Pour finir, si j’avais eu connaissance d’une telle contrainte avant le départ, je n’aurais pas pris les vélos, quitte à en louer sur place. En effet, le surcoût des recharges supplémentaires compense (partiellement ou totalement) le prix de locations car, au final, nous n’avons utilisé les vélos que 4 fois sur le séjour, et le trajet aurait été plus rapide (avec moins de temps passé aux SUC) et plus confortable (avec l’usage de l’AP).
Cela dit, le voyage en Tesla Model 3 reste un grand plaisir. Je pense n’avoir jamais été aussi peu fatigué après un aussi long trajet, qu’avec la Model 3.
J’espère que ce récit permettra à ceux d’entre vous qui hésitent à emmener leurs 2 roues, de partir en connaissance de cause.
Pour tous les autres, je rappelle que, malgré la découverte surprise de la surconsommation lors de ce premier long trajet, JAMAIS je n’ai été en situation de me demander si j’allais finir sur la BAU, en panne sèche, grâce à la multitude des chargeurs disponibles (SUC Tesla ou autres).