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Polaris

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  1. Au XIXième siècle, les maîtres de forges expliquaient très sérieusement qu'il ne fallait pas trop payer les ouvriers, sinon il buvaient trop. C'est bien connu, les ménages pauvres ne savent pas gérer leur budget. On croyait que ce genre de propos ringards autant qu'extraordinairement méprisants appartenaient à un passé révolu. Manifestement, non :-( . Il ne faut jamais désespérer de l'être humain.
  2. Pour vous. Personnellement, et comme des millions d'individus, je ne voudrais pour rien au monde vivre à Paris, même si vous me donniez un Duplex de 150m² dans le XVIième. J'ai fait de gros sacrifices précisément pour vivre dans un territoire relativement peu dense: bien que vivant en appartement, je situerais mon habitat, dans le diagramme que vous présentez, à une échelle entre 0.80 et 1.20 (d'ailleurs je ne sais pas quelle est l'unité...?). Et c'est uniquement pour des motifs financiers, si j'en avais les moyens, j'habiterais sans hésiter en maison individuelle (raisonnable, sans terrain immense). "Certains vivent très bien leur sobriété ou leur renoncement à certaines choses. Il y trouvent du sens et un épanouissement dans la mesure où ça les dégage des injonctions consuméristes. À titre personnel, je trouve que ma transition personnelle est très heureuse.": j'en suis sincèrement heureux pour vous. Pour des millions d'autres de vos concitoyens, ce ne sera pas heureux du tout. Si vous ne pouvez concevoir l'altérité et la diversité, c'est fichu. Et cette référence permanente aux "injonctions consuméristes" masque également la moitié de la réalité. Je ne doute pas que cela existe, notamment dans les grandes villes. Mais dans les territoires ruraux, c'est très différents. Ici, la pub, le derniers smartphone, le dernier SUV ou la dernière fringue à la mode, 90% des gens s'en balance déjà totalement. Mon smartphone est un LG5 de 2016 acheté d'occasion. Ma bagnole est une Renault de 2012. La moitié de mes fringues sont celles de mon beau-frère. Je ne regarde presque plus la TV, je ne suis sur aucun réseau social, alors la pub... ! Et autour de moi, mon mode vie est majoritaire. Vous dites vous être débarrassé de vos "pulsions consuméristes": je vous félicite. Par chez moi, ça fait belle lurette que c'est le cas et que nous avons un mode de vie relativement 'simple', et on n'a même pas eu à faire d'efforts particuliers, c'est ancré dans les modes de vie (ce n'est pas pour rien que certains partis politiques de gauche et de droite nourrissent une évident mépris pour les habitants des territoires ruraux: pas assez écolos, pas assez cultivés, pas assez 'woke', pas assez éduqués, pas assez friqués, pas assez à la mode, pas assez "modernes' etc). ça n'empêche pas que même ici vivre en habitat particulier est plus agréable qu'en appartement, que nous utilisons de vieilles voitures parce que nous apprécions les activités de plein air (aller en montagne faire du VVT de l'escalade ou du ski de rando c'est beaucoup plus pratique en break qu'en bus) plutôt que les sorties en centre commercial, au cinéma ou au musée comme les "gens de la (grande) ville", que nous apprécions de faire un barbecue le WE même si certaines figures politiques emblématiques nous ont raillé avec condescendance pour cela. En d'autres termes: se détacher du mode de vie "consumériste" des grandes villes est certes une condition nécessaire, mais pas du tout suffisante pour prétendre que la transition sera indolore et agréable. "Quand ce genre de désagrément devient insupportable, c'est qu'on n'est pas loin de la dépression.": oui, et ? des millions de français vivent avec un symptôme dépressif. ça a été mon cas, ça le sera probablement un jour de nouveau. Et effectivement, dans ces moments-là, j'ai observé qu'éviter la promiscuité, la "densité" (sans tomber dans la solitude intégrale), faire un tour en forêt ou en montagne, était un très bon remède. Globalement, vous et moi ne serons jamais d'accord sur la "densification". Pour moi, clairement, l'être humain n'est tout simplement pas biologiquement conçu pour vivre comme cela.
  3. Faire croire aux "gens" qu'il serait possible d'éviter la décroissance est un jeu dangereux. Je suis d'accord. Mais il est tout aussi dangereux de faire croire à la population que, pour la majorité de nous autres occidentaux, cette décroissance sera agréable, au travers de slogans idiots du style "sobriété volontaire" ou "décroissance heureuse", alors qu'à l'évidence ce ne sera pas le cas. "Densifier l'habitat" n'a rien de désirable : j'en sais quelque chose, et tous ceux qui vivent en HLM encore plus. C'est probablement nécessaire, mais pas agréable. Quand un medecin vous dit que pour vous sauvez la vie il n'y a pas d'autre choix que de vous amputer la jambe ou vous enlever un poumon, aimeriez-vous qu'il ajoute "vous allez voir, ça va être super" ? Presenter la nécessaire transition écologique comme "sympa", ce qu'elle ne sera à l'évidence pas pour la grande majorité d'entre nous (sauf les ménages vraiment très pauvres), c'est prendre nos concitoyens pour des idiots, et in fine décrédibiliser le discours politique environnementaliste.
  4. Je suis sincèrement assez admiratif devant le travail que vous avez abattu. Mais il faut être bien conscient que ça a été possible parce qu'il s'agit de maisons individuelles. En copropriété urbaine, surtout sur des bâtiments anciens, c'est souvent beaucoup plus difficile (même si je suis conscient que même en maison individuelle on ne peux pas faire n'importe quoi, il y a des règlements à respecter, mais il y a tout de même beaucoup plus de marges de manœuvre individuelles). Exemple: dans mon petit immeuble de 7 lots bâti dans les années 1900 et situé en zone protégée (autorisation ABF obligatoire pour tous travaux touchant l'enveloppe extérieure du bâtiment -> ~18-24 mois d'attente rien que pour l'étude dossier, et le gars est du genre tâtillon), impossible de toucher aux murs extérieurs, à la toiture en ardoises, aux planchers (le voisin est juste en dessous...), de mettre des volets roulants isolants (persiennes en métal grises obligatoires) etc sans passer par accords mairie + ABF + copropriété. Inutile de dire que cette triple barrière d'autorisations règlementaire paralyse à peu près toute initiative individuelle. Chauffages individuels au gaz -> c'est du ressort de chaque copropriétaire, pas d'emplacement dans l'immeuble pour installer une chaufferie commune. Pas de balcon ni de terrasse pour installer discrètement un échangeur externe, évidemment interdit en façade. De toute façon installer une PàC (ou du chauffage électrique joule) nécessiterait de refaire toute la colonne montante électrique de l'immeuble qui n'est pas dimensionnée pour -> travaux nécessairement de niveau copropriété. On a fait du mieux que l'on a pu avec ces contraintes: isolation intérieure, menuiseries de qualité (avec un style particulier obligatoire, ça nous a coûté une fortune), régulation centralisée du chauffage et chaudière à condensation au top. Couplé au fait que l'appartement est situé à un niveau intermédiaire avec une façade plein sud et aux 60-70cm d'épaisseur de pierre des murs, l'isolation est correcte (consommation de gaz ~90kWh/m2/an pour le chauffage et l'ECS, ce qui est plutôt très peu pour un bâtiment qui a 120 ans). Par contre installation d'une PaC air/eau ou de splits quasi impossibles - enfin peut-être que si, mais avec d'énormes contraintes d'installation, d'urbanisme et uniquement au travers d'un projet de reconstruction globale de l'immeuble (qui le rendrait probablement inhabitable pendant quelques mois donc relogement nécessaire...), ce qui en l'état des règles de prise de décision en copropriété et de la l'hétérogénéité de situation des copropriétaires (allez motiver des retraités modestes de 70-75 ans pour s'endetter sur 20 ans - à supposer qu'il soit possible de trouver une banque qui accepte - pour faire des travaux lourds de plusieurs dizaines de milliers d'€ rentabilisables sur 20-30 ans...), est totalement illusoire. Sans négliger que le cas des petites copropriétés comme la notre est la pire des configurations car ce genre de travaux d'ampleurs nécessite des études complexes par un BET, à peine moins couteuses que sur un immeuble HLM de 50 lots mais dont le cout ne sera réparti que sur un tout petit nombre de copropriétaires... Donc énormes couts fixes. Notre appartement est relativement bien isolé et consomme finalement assez peu de gaz (~85€ / mois pour 110m2), par contre en été, passés les 5-6 jours d'inertie thermique permis par la masse de la maçonnerie, c'est une bouilloire thermique (32°C mercredi pour 42°C dehors). La façade plein sud en hauteur et un gros avantage en hiver, par contre en été c'est devenu problématique, surtout depuis qu'il y a 10 ans la mairie a fait couper les grands platanes plantés le long de l'avenue et qui faisaient de l'ombre jusqu'au 3ième étage (justification donnée par la mairie: ils étaient malade, coutaient cher en élagage et leurs racines causaient des dommages chroniques aux réseaux enterrés). Ils ont été remplacés par de petits palmiers qui procurent quasi zéro ombre et jusqu'au 1ier étage seulement :-( . Mauvaise décision, mais la mairie ne nous a jamais demandé notre avis et même s'ils replantaient des arbres maintenant il faudrait 15-20 ans pour avoir de nouveau une façade ombragée. Va falloir apprendre à vivre sans. Je ne reviens pas sur la difficulté objective de passer au VE quand il n'y a pas de parking dans la copropriété donc impossibilité de recharger à domicile, je vous ai déjà suffisamment bassiné avec ça. Autre fun fact: l'OPAC local a récemment (~3 ans) entièrement rénové en profondeur toute une barre de HLMs (~100 logements) dans un quartier voisin (construction des années 1970, hors périmètre protégé). ITE, VMC probablement double flux, menuiseries neuves... gros chantier. Malgré cela, TOUS les appartements sont restés chauffés par chaudière gaz individuelle (probablement à condensation). Elles sont neuves, je ne pense pas qu'elles soient changées par un autre dispositif n'émettant pas de CO2 avant au moins 15-20 ans. Tout ceci pour dire que la rénovation énergétique dans le bâti collectif (~45% de l'habitat français) va être longue, couteuse et compliquée. Les pouvoirs publics - alors que ce sont eux qui font les règlementation qui rendent précisément cette rénovation extrêmement complexe - ne l'ont absolument pas intégré. Paradoxalement, on lit partout que l'habitat individuel doit être dissuadé et l'habitat collectif encouragé. Pourtant, objectivement, le premier sera beaucoup puis simple à rénover que le second.
  5. Et une "charge" qui aurait fait rougir Richard Virenque et Lance Armstrong ;-).
  6. Je dirais même que c'est pire que ça: notre instinct d'animal nous encourage naturellement à aller vers le plaisir et le moindre effort. Or malgré tout ce que l'on peut lire ici ou la de "transition désirable" et "d'imaginaires alternatifs", je ne vois pas comment la - nécessaire - transition énergétique (et civilisationnelle) - pourrait être agréable. Je suis même persuadé que ce sera une purge. Parce que l'on a tous des domaines où l'on pourra faire des sacrifices pas trop douloureux, mais aussi d'autres où ce sera extrêmement difficile à faire volontairement. ça dépend des individus et des domaines. Dans mon cas par exemple, je n'aurais aucun mal à renoncer à l'avion - je n'ai pas mis les pieds dans un zinc depuis plus de 18 ans - ou à la maison individuelle et à la climatisation (il fait actuellement 32°C dans le salon de mon appartement et ça va - enfin, je dirai peut-être autre chose dans 20 ans). Par contre, vous allez certainement trouver ça très bête, mais renoncer à manger au moins une fois par jour un produit carné - même si par ailleurs ce serait meilleur pour ma santé - est pour moi totalement inenvisageable. Les 100g de protéines animales hebdomadaires cités par @suseng seraient pour moi hyper douloureux, à tel point que je doute d'y parvenir volontairement. Une forme d'addiction à la viande, quoi (j'en suis pas fier mais je suis lucide). Concernant la bagnole et n'aimant personnellement pas particulièrement conduire, autant je serai extrêmement soulagé de ne pas avoir faire mes 90km quotidiens pour le travail, autant l'extraordinaire instrument de liberté qu'est la voiture individuelle me manquerait énormément, par exemple pour aller en montagne le WE (c'est ma passion: rando, escalade, ski de rando - ça ça risque d'être réglé dans les prochaines années :-( -, canyoning etc) - inutile de préciser que là où je vais les transports en commun sont quasi inexistants, c'est même bien le but -. Autre type de sacrifice: pour réussir la transition, le travail notamment agricole devra nécessairement être beaucoup moins mécanisé. De manière générale, il faudra beaucoup moins de machines et beaucoup plus d'huile de coude. Toutes les études prospectives montrent que les fameux 'emplois verts" de demain sont en très grande majorité - si l'on excepte quelques métiers de haut niveau - des emplois de salarié agricole, de poseur d'isolation, de livreurs à vélo etc. Bref, on aura besoin de beaucoup moins d'étudiants en STAPS, en sciences humaines, en droit, d'influenceurs sur TikTok, d'intermittents du spectacle, et de beaucoup plus d'ouvriers agricoles pour récolter et arracher les mauvaises herbes à la main (dehors par tous les temps), de poseurs d'ITE, de PAC et de pannes PV, de manutentionnaires (pas pour Amazon hein), de pédaleurs pour les livraisons locales etc. Sérieusement: faites un sondage auprès des jeunes de votre entourage pour savoir si ce sont les métiers dont ils rêvent (mes propres enfants trouvent déjà que mon job en usine auquel je tiens beaucoup - dans des bancs d'essais industriels nickels et parfaitement climatisés, sans charge lourde ni mouvement répétitif, et techniquement passionnant - est digne de Zola !). Posez-vous la question de savoir si c'est vraiment les métiers que vous voulez pour vos propres enfants (bon, influenceur sur TikTok c'est pas génial non plus....). Comme le dit Jancovici, l'énergie a permis de démultiplier nos possibilités, de mécaniser la plupart des travaux physiquement durs (même s'il en reste), de nous tourner vers des tâches plus "nobles" (influenceur sur TikTok per exemple - décidemment ça m'obsède). Il est douteux que les énergies vertes et l'électrification puisse nous permettre d'avoir accès à autant d'énergie que les fossiles (en électricien, je pense que le problème sera en fait plus la puissance disponible à un instant t plus que l'énergie - bien sûr on peut passer de l'un à l'autre via du stockage / déstockage mais quoi qu'en dise @rv45bis, ce n'est pas si simple et je pense que l'on ne pourra matériellement pas fabriquer autant de batteries / STEPS que nécessaire). Donc il va falloir se retrousser les manches ou se restreindre. Franchement, cette perspective - par ailleurs inévitable - vous fait plaisir, vous ???
  7. C'est décidemment marrant: dans le domaine des bagnoles, les PHEV ce serait le mal absolu; par contre pour illustrer l'électrification de l'aéronautique, vous ne trouvez rien de mieux que de citer en exemple un concept (celui du toulousain Aura Aéro, mais c'est peu ou prou la même chose pour Voltaéro, Electra Aero etc) qui est très précisément un hybride rechargeable, dont l'énergie embarquée dans les batteries doit être très inférieure à 10% de celle embarquée dans les réservoirs... (en fait, dans tous ces concepts, les batteries sont utilisées de manière très ponctuelle - décollage, panne ... - pour assister ou remplacer (très) temporairement en cas panne un turboalternateur qui fournit ~ 90-95% de l'énergie nécessaire au vol, et qui carbure au bon vieux JET A...). Désolé, mais c'est pas pour tout de suite qu'il sera possible de se faire un p'tit WE en Corse ou en Tunisie en avion avec la conscience tranquille d'un vol 'vert' sans émissions de CO2.
  8. Bonjour @bernhara , passer au VE sans solution de recharge personnelle, à domicile ou au travail, n'est déjà pas une situation enviable (je suis dans le même cas). Mais dans ce cas de figure, le PHEV me semble être la pire des solutions. L'hybride rechargeable n'a de sens qui si on peut le recharger très souvent, idéalement chaque jour. Sans prise domestique, vous allez devenir littéralement esclave de la borne publique. Cela ne me parait pas viable. Quand on ne peut pas charger en temps masqué, la conclusion de mon analyse personnelle est que pour passer au VE sans inconfort majeur, il faut idéalement avoir près de chez soit ou au supermarché que l'on fréquente habituellement un chargeur DC rapide bon marché, et acheter un VE avec une autonomie pratique (donc 10-80 % ou 10-90 % SoC, pas 0-100 % ) permettant de faire face à une semaine complète de roulage typique en saison hivernale, et qui puisse recharger rapidement, c'est à dire dans les 30-40mn que durent les courses hebdomadaires typiques. A moduler selon vos habitudes. Vous pourrez alors vous contenter d'une recharge par semaine en temps masqué, ce qui paraît très acceptable.
  9. Je sais bien que qu'il est d'usage de considérer, sur ce site, comme un assassin en puissance tout automobiliste qui ne fait pas 45mn de pause toutes les 2 heures de route. Mais soyons un peu sérieux : vous croisez - manifestement sans en avoir conscience - plusieurs dizaines de fois par heure des automobilistes sans permis, sous l'influence de stupéfiants, d'alcool, de protoxyde d'azote ou de medicaments psychotropes, à la vue extrêmement déficiente, sans que cela semble vous perturber le moins du monde. Leur dangerosité est pourtant, objectivement, supérieure d'au moins un à deux ordres de grandeurs. Pour éviter de croiser de tels conducteurs, je ne vois qu'un seul conseil pertinent : vous abstenir de monter à bord de la moindre automobile.
  10. @hybridex : je suis bien conscient que la généralisation des agrocarburants n'est ni possible ni souhaitable (bien qu'ils puissent peut-être avoir un intérêt transitoire, surtout pour l'aviation avec les SAF). Cela dit il ne faut pas non plus idéaliser et minimiser l'impact des activités extractives. L'empreinte au sol d'une mine est certes très réduite (surtout si elle est souterraine), mais son empreinte écologique est largement plus étendue : une exploitation minière créé inévitablement des millions de tonnes de déblais, de boues et de "by-products" qui, même gérées et retraitées de manière la plus responsable possible, finissent par contaminer les terres et les cours d'eau environnants. Dans les Pyrénées par exemple, de nombreux cours d'eau et même l'eau potable de nombreuses vallées (notamment dans les Hautes Pyrénées, l'Ariège et leurs versants espagnols aragonais ou catalans) restent très chargés en métaux lourds et variés (plomb, arsenic, pechblende, cadmium, antimoine...) en concentrations non négligeables (par endroits l'eau est à peine potable et avec dérogations préfectorales) qui sont les vestiges de l'exploitation de mines d'or, de fer ou autres minerais, même 60 ou 80 ans après leur fermeture... Certes j'imagine que les techniques d'exploitation ont bien évoluées. Mais il n'y a pas de miracle : quand on exploite du cuivre par exemple, on se retrouve toujours avec des montagnes de déblais ramenés en surface remplis de matières indésirables et pas vraiment sympas pour l'environnement, qui sont ensuite lessivées par la pluie, le vent et l'érosion. Je n'ai jamais entendu parler d'un exploitant minier qui rebouchait les excavations avec ses déblais à la fin de la période d'exploitation de sa mine (pour peu que cela soit techniquement possible ? ). Évidemment, j'imagine que si la mine se trouve dans une région type outback australien avec une densité de population environnante inférieure à 1 habitant et 10 kangourous par km2, les conséquences restent limitées.
  11. En effet. J'ai vu récemment un reportage sur une usine de fabrication d'ethanol à Lacq, près de Pau. Ils utilisent du maïs. Cette culture demande beaucoup d'agrochimie (déjà pas terrible) et surtout, beaucoup d'eau pour l'irrigation (le béarn n'est pourtant pas connu pour être très sec, au contraire). Avec le changement climatique, il est clair que. ça va poser des problèmes croissants de ressource en eau. Cela dit, si on va par là, il faut être conscient que le VE n'est pas non plus sans impact sur l'environnement. Sans aller jusqu'à l'image caricaturale des "petits africains qui se tuent à miner le coltan", il faut tout de même être conscient que la fabrication d'un VE nécessite beaucoup d'activités extractives et de raffinage métallurgique qui, même menées dans les règles de l'art, ont inévitablement des impacts négatifs sur l'environnement (loin de chez nous, heureusement...). Il ne faut pas se leurrer : si le VE est actuellement certainement la meilleure réponse pour la mobilité individuelle vis-à-vis de la nécessaire réduction des émissions de CO2, il est loin d'être neutre sur l'environnement. Si on veut passer le parc mondial de VT à l'electrique, il va falloir en creuser des mines et en construire des usines de raffinage métallurgique... D'ailleurs, je ne pense pas que nous ouvrirons jamais en Europe la moindre mine de Lithium (alors que nous en avons pas mal : en Allier et en Alsace notamment, mais aussi au Portugal et en Roumanie) : l'opinion publique européenne est globalement opposée au développement des activités extractives (certainement une coquetterie de pays 'avancés' et désindustrialisés..). On continuera à importer massivement nos intrants (c'est plutôt moins pire que le pétrole après tout). Quant au recyclage (batteries notamment), tout dépendra de notre capacité à obtenir industriellement des minerais recyclés compétitifs par rapport aux mêmes matières premières "neuves"... Et de l'acceptabilité par les populations locales de ces activités sur nos territoires (et là encore, considérant les levées de bouclier récurrentes que provoquent la plupart des nouveaux projets d'implantations industrielles même relativement "vertes", je ne suis pas optimiste ; j'espère me tromper...).
  12. Clairement beaucoup trop chers pour moi, surtout après la forte hausse de leurs prix sur le marché de l'occasion ces deux derniers mois. Trouver un VE familial et polyvalent (au minimum 3 et idéalement 4 trajets domicile-travail d'autonomie) à prix accessible (15-16 k€ grand max pour moi) reste compliqué.
  13. Renseignement pris sur le lien fourni par @barbaresclub , les "vieux" VE style Kona et MG ne semblent effectivement pas - encore -compatibles avec cette offre 😣. L'écosystème de la recharge reste tout de même encore peu standardisé et assez compliqué (sauf quand on peut s'offrir les derniers modèles).
  14. Je ne pense pas. Les batteries de HEV ont généralement une capacité comprise entre 1 et 2 kWh utiles (limitée par le BMS, la capacité réelle à l'etat neuf etant largement plus élevée notamment pour prendre en compte le vieillissement lié au cyclage). C'est suffisant pour relancer le vehicule et assister le bloc thermique. Un HEV n'est pas conçu pour fonctionner en 100 % électrique (autrement que sur quelques centaines de mètres). Une plus grosse capacité impliquerait probablement d'utiliser le bloc thermique plus souvent pour la recharger, ce qui pourrait in fine s'avérer sub-optimal. Les 1-2 kWh de capacité typique sont probablement l'optimal.
  15. Il y a effectivement une croyance très répandue (surtout parmi les anti-PHEV / HEV convaincus...) selon laquelle le nombre de cycles admissible par une batterie - à iso-critères de fin de vie - serait uniquement lié à la chimie des cellules. Et donc que des batteries de HEV, de PHEV et HEV auraient toutes droit à 1500-2000 cycles épicétou. Ce qui aboutirait à des durées de vie opeationnelles en km totalement absurdes et démenties par les faits (10-15 000 km seulement pour un HEV). Or dans les faits il n'en est rien : les ingénieurs ont évidemment pris en compte depuis belle lurette le facteur "nombre de cycles" dans le calcul de la durée de vie et le dimensionement des batteries. Et, sans être un spécialiste des batteries Li-ion (seulement un "utilisateur éclairé"), je crois qu'il y a au moins 2 niveaux sur lesquels agir : 1) prendre des marges de dimensionnement larges, c'est à dire n'utiliser qu'une proportion réduite de la capacité maximale des cellules en ménageant des buffers haut et bas très généreux. Double effet : on réduit l'excursion de chaque cycle donc le vieillissement (baisse du SoH) du pack, et on dispose de grosses marges dans les buffers pour conserver la même capacité utile et "masquer" plus longtemps la baisse du SoH. Comme vous l'écrivez, cela se paie en masse : la densité énergétique des batteries de PHEV et encore plus de HEV est beaucoup plus basse que celle des HEV, dans un rapport qui excède largement la simple diminution du facteur de forme et de la perte d'efficacité massique du "sarcophage" du pack. 2) je pense (mais je serais curieux d'en avoir la confirmation d'un spécialiste du domaine) que l'on peut aussi concevoir les cellules elles-mêmes de manière à privilégier la durée de vie en cyclage plutôt que la densité énergétique, comme on peut déjà le faire pour donner à une batterie un caractère de source plutôt typée "énergie" ou plutôt "puissance" dans le diagramme de Ragone. Peut-être en jouant sur la géométrie et la composition chimique des électrodes... ? J'ai un exemple précis : il y a une dizaine d'années, j'ai mis en oeuvre pour une application très "speciale" quelques prototypes d'un petit pack Li-ion d'un grand fabricant, dont la densité énergétique, absolument fabuleuse pour l'époque, était de l'ordre de 240-260Wh /kg (il fallait que ce soit le plus léger possible). Caractéristique particulière : l'usage de cette batterie était de type "one shot" - une seule utilisation : durée de vie = UN cycle... Il parait clair que les marges de dimensionnement en cyclage avaient été complètement supprimées au profit de la seule densité énergétique (par contre, je ne sais pas comment ils avaient pris en compte la ddv calendaire).

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